Le Guide Complet pour Fabriquer ton Pan d’Escalade (Partie 1)

pan-escalade

Avoir son propre pan d’escalade à la maison…

Beaucoup d’entre-nous en rêve.

Mais peu franchissent le pas.

Pourquoi?

Car c’est loin d’être facile et ça peut coûter cher.

Mais si tu es de nature bricoleuse, c’est un défi que tu peux relever!

Dans cet article, Yannick, lecteur de Grimper Malin et fin connaisseur de la construction de pan d’escalade « Fait Maison », te donnent les clefs pour te lancer et les pièges à éviter.

Ce guide sera en 3 parties. Voici la première.

A toi Yannick! 😉

 

[Tweet « Le Guide Complet pour Fabriquer ton Pan d’#Escalade »]

 

Et Pan (d’escalade) !

Nombre de grimpeurs ont rêvé de l’outil ultime.

Celui qui les ferait muter, passer du statut de simple pentagradiste à véritable lézard aux pattes surpuissantes et abdos en bétons capables de prouesses aussi bien dans les verticales radines et exigeantes que dans les dévers les plus impressionnants.

Le pan qu’il soit Gullich ou plus classique apparaît très souvent comme la solution, la voie qu’il faudrait nécessairement emprunter pour parvenir enfin à parcourir aisément des voies aux niveaux élevés.

Pourtant, si cette perspective ne parait pas dénuée d’intérêt, est-ce véritablement suffisant? A quelles conditions ça peut marcher ?

pan-escalade

Beaucoup de pans finissent comme nombre d’appareils de fitness :

Dans un coin de garage, où ils prennent la poussière passant du statut d’objet de luxe et d’espoir à celui d’encombrants flattés d’un éternel et toujours incertain : « Demain, je m’y mets ! ».

Si certains font preuve d’un stakhanovisme exacerbé dans leur entraînement, rendre fertile un objet souvent coûteux (en argent et en temps) est parfois bien aléatoire.

Cet article vise à identifier les conditions permettant de rentabiliser son pan d’escalade, c’est-à dire de le rendre véritablement fertile et profitable du point de vue physique.

Et technique.

 

Étape 1: Construire son pan ou ne pas le construire, thats is the question!

La question de la construction de son pan est une vraie question car si construire son joujou peut-être source d’un certain plaisir et d’une fierté personnelle, c’est souvent synonyme de pas mal de sueur et d’argent.

Donc avant d’en envisager les bénéfices, il faut d’abord questionner les coûts.

3 éléments sont à prendre en compte :

  • le mur lui-même: sa surface, sa ou ses formes
  • les tapis de réception
  • les prises et volumes

 

Le mur d’escalade

Premièrement, en terme de coût, ce n’est pas le plus cher.

Perso, après n’avoir juré que par le contreplaqué de 18mm puis de 15mm, je suis passé aux plaques OSB de plancher en 17mm de Brico Dépôt.

Meilleur rapport qualité prix du marché.

(Note: On m’a fait remarquer que certains utilisaient du contre-plaqué 18mm car l’OSB serait un peu trop dur. A vous de tester et de vous faire votre avis sur ce point. 😉 )

Les dalles de planchers sont plus petites que les grandes plaques en 250*120cm et sont ainsi plus facilement manœuvrables.

Surtout quand on bricole tout seul.

panneau OBS pan escalade

Par ailleurs, des chevrons 63*75mm espacés tous les 60cm font très bien l’affaire.

En fait, le plus cher ce sont les inserts que je préfère « à visser » (surtout dans l’OSB).

Et il en faut pas mal : il faut compter environ 35 à 40 par m².

En avoir quelques dizaines en plus me parait nécessaire pour la gestion du pan et la nécessaire construction des volumes.

Question disposition, en mailles régulières 10*10 voire max en 15*15 pour les psychopathes.

Vous pouvez aussi les disposer de façon anarchique, ce qui simplifie la vie et rend les mouvements un peu dictés par des lignes régulières (ce que j’ai choisi).

Question prix : comptez environ entre 20 et 25€/m² pour une construction en OSB (en comptant chevrons, inserts et fixation).

 

ATTENTION: Commentaires importants!

La surface du mur:

Plus elle est importante, plus elle vous permet de construire quelque chose de riche techniquement.

Et plus vous allez pouvoir faire varier les parcours et les ouvertures de blocs.

C’est une des conditions qui fait que vous allez ou non bien utiliser votre mur et ce à long terme (ce qui est LA condition d’éventuels progrès).

Le premier élément de progrès n’est pas simplement un gain physique, surtout si vous grimpez en dessous de 6b, mais technique: c’est en vous confrontant un maximum aux différentes prises, aux différentes orientations de celles-ci que vous allez faire évoluer votre motricité de grimpeur.

Inversement une petite surface va limiter l’intérêt de votre pan en l’orientant davantage sur un travail physique.

Ce qui renvoie directement à votre capacité à vous astreindre à un travail régulier et laborieux, pas forcément ludique :

En êtes-vous capable? Seul vous le savez.

Perso, étant demeuré très gamin, très joueur et ayant eu des expériences avec de belles haltères que j’ai longtemps souhaitées avoir et que j’ai abandonnées progressivement, j’avais besoin d’assez grand!

Le problème c’est d’avoir la place pour le faire.

Mais c’est une vraie question à se poser:

Si je ne peux construire qu’un petit pan (inférieur à 7/8m²), est-ce que ça vaut la peine et n’ai-je pas intérêt à plutôt courir un peu plus et multiplier les séances de gainage ?

La rentabilité est d’abord fonction des coûts!

 

L’inclinaison du pan :

Plus elle est prononcée, plus elle est exigeante et coûteuse.

Un ami à moi a construit un chouette pan dans son jardin avec des angles de dingues proches de 40°.

Bilan:

  • Une grimpe très difficile, voire traumatisante (même pour lui qui grimpe en 8a!)
  • Peu ouverte techniquement
  • Réservée à de gros grimpeurs

Moi qui grimpe jusque 6c, je ne m’amuse pas dans son truc: difficile de s’y échauffer et de partager des moments peuplés de nombreux problèmes.

Ce qui est la base du bloc…

Impossible aussi pour ses gamins de s’y aventurer et coûteuse car nécessité d’acheter pleins de gros bacs bien chers pour pouvoir y évoluer!

Une inclinaison entre 20 et 30 degrés max me parait convenable et surtout intéressante.

Plusieurs inclinaisons c’est encore mieux.

Soit en fixe, soit en montant un système d’inclinaison variable avec quelques poulies et un bloqueur quel qu’il soit.

 

Les formes données au pan :

Pas la peine de se lancer dans un truc ultra compliqué avec des angles dans tous les sens.

C’est super riche au départ mais limité ensuite car difficile à faire évoluer.

Il faut mettre en place des surfaces simples car:

  • Elles sont plus faciles à construire
  • Moins coûteuse (car moins de perte de temps et d’argent dans les nombreuses découpes)
  • Plus faciles à faire évoluer

La question des volumes rapportés sera abordée un peu plus loin.

Afin d’optimiser les coûts, il est important également d’organiser sa construction en fonction des dimensions des matériaux.

Par exemple, un espacement de 60 cm est préconisé entre les chevrons mais n’hésitez à faire un peu plus ou un peu moins en fonction des dimensions des dalles utilisées.

 

Les tapis de réception:

C’est souvent un axe largement délaissé dans la perspective de construction d’un pan et pourtant c’est assez important.

En effet, plus votre surface de réception est sûre, plus vous allez pouvoir vous engager jusqu’à votre limite!

Si vous avez peur de tomber entre 2 tapis, voir de vous ruiner le coccyx sur la feuille de papier à cigarette qui fait office de tapis, forcément votre engagement est limité.

Et pourtant c’est bien quand on dépasse sa zone de confort, quand ça cogne physiquement et/ou mentalement que vous êtes dans une démarche de progrès!

Organiser le confort de sa chute n’est pas simplement un luxe mais un véritable déterminant d’une démarche d’optimisation de son pan.

Plusieurs solutions sont possibles :

  • Le rachat de vieux tapis de réception d’EPS: J’ai profité de la rénovation d’un stade pour récupérer à bas prix des gros tapis de saut, ce qui est idéal à mon sens. Il ne faut pas hésiter à se renseigner vers les gardiens de stades, de gymnases et les profs d’EPS sur d’éventuels matériels mis au rebuts que vous pourriez éventuellement récupérer.
  • La récupération de matelas est aussi une solution qui peut-être acceptable à condition d’en avoir en nombre suffisant pour une épaisseur et une surface suffisante (qui dépend de la hauteur du pan et de son inclinaison). Vous devez pouvoir chuter de n’importe où de votre pan sans risquer de vous faire mal! J’ai vu des matelas mis en quinconce sur 2 épaisseurs qui donnait entière satisfaction.

Il me parait nécessaire de fixer ou du moins de limiter le mouvement des tapis ou matelas, par une sangle à cliquet reliée au mur par exemple.

Se faire bêtement une cheville entre 2 tapis n’est pas si rare que ça.

Vous pouvez compléter le truc par la mise en place d’une bâche solide tendue par des élastiques reliés au mur avec des plaquettes.

Proscrivez l’utilisation d’une ficelle ou d’une vieille corde car si le dispositif ne peut s’étirer alors tout s’arrache, les œillets et la bâche (expérience perso!).

Il faut noter que les hôpitaux, les maisons de retraite, les magasins de ventes de matelas peuvent être des mines pour en récupérer, ce qui vous évitera de tourner en ville le soir et récupérer des trucs un peu crades…

Là aussi expérience perso! 😉

 

Les prises et volumes :

C’est en partie le nerf de la guerre, là où ça fait mal:

Avoir pleins de prises et de volumes est un fondamental!

Plus vous en avez plus c’est bon et riche et plus vous allez profiter longtemps et intelligemment de votre pan.

 

Les prises :

Voici quelques bon plans:

  • Leboncoin.fr
  • Les ventes au poids des derniers constructeurs de prise français (ils ne sont plus que 3! Meilleur prix en banlieue de Lyon avec Volx, autour de 5-6€/kg pour des prises dépareillées ou avec un léger défaut)
  • Certains comités départementaux FFME revendent également certaines prises un peu usées mais qui donneront un peu de richesse à votre pan

Vous pouvez également faire preuve créativité en fixant des bouts de chevrons poncés, voire mis en forme et percés.

Il faut compter environ ente 15 et 20 prises au m².

Je pense qu’il est important d’investir dans un nombre conséquent de prises de pieds:

Ce n’est pas cher et c’est souvent dans la pose de pieds qu’il y a le plus à apprendre et à ressentir.

En plus, obliger à poser les pieds sur les petites prises contraint efficacement votre motricité… tout en gardant vos belles prises main bien propres!

Du point de physique, l’intérêt des petites prises réside dans le nécessaire gainage nécessaire pour les utiliser.

Leur répartition dans le mur doit aussi être logique: leur densité doit augmenter au fil de la hauteur du mur.

Leur orientation doit également être variée et variable: bougez 3 ou 4 prises à chaque séance!

prise-pan-escalade

 

Les volumes:

C’est à mon avis un des points clés et les plus sous estimés par les auto constructeurs de pan!

Une des premières raisons de désamour de son objet chéri, c’est la lassitude.

Le côté «Je tourne en rond avec toujours plus ou moins les mêmes gestes».

Le premier réflexe est de vouloir acheter plein de nouvelles prises, mais si c’est une possibilité toujours intéressante, c’est la plus coûteuse.

La construction de volumes n’est pas complexe et l’on arrive très vite à des résultats quasi pro!

En utilisant les chutes, un peu de colle à bois et quelques vis, on remodèle son pan assez facilement.

On le fait vivre en offrant aux prises de nouvelles possibilités d’orientation, gage d’une motricité nécessairement plus riche.

On peut également remarquer que les dernières compétitions de blocs utilisent très largement voire même exclusivement de nombreux volumes.

L’ajout d’un grain sur le volume est facilement réalisable et permet d’en optimiser l’utilisation.

volumes pan escalade

 

Construire son pan escalade ou pas?

La décision de se lancer dans un pan doit être réfléchie car cette démarche est souvent coûteuse pour un résultat parfois aléatoire voire décevant.

Plusieurs étapes sont nécessaires :

  • Il faut d’abord faire l’inventaire des possibles: qu’est-ce que je peux récupérer au niveau des matériaux, des prises, des tapis, dans quelle mesure je peux me faire aider, quel outillage nécessaire et disponible.
  • Il faut aller voir pas mal de pans pour se faire une idée de ce qui est possible et réalisable.
  • Il faut déterminer l’espace dans lequel on envisage sa construction et passer du temps à faire des croquis.
  • Il faut enfin questionner sa motivation: Êtes-vous prêt à donner de votre temps, de votre argent et de votre de sueur pour progresser? Un engagement partiel ne donne que très peu de résultat…

 

Fin de la première partie.

 

Seconde partie (à venir) :

BUILD ! La construction en détails :

  1. Le choix et le prix des matériaux.
  2. Comment faire les inclinés et les toits : de la conception à la réalisation (où qu’imaginer et construire sans que tout ne s’affale lamentablement !)
  3. Les volumes : le nerf de la guerre!
  4. Organiser une surface de réception efficace.

 

3ème partie (à venir) :

CLIMB and SHARE : 4 conditions pour que ça marche dans le long terme!

  1. Une surface suffisante… et renouvelée.
  2. Partager, de l’apéro/pan à l’entraînement collectif. Autrui n’est pas forcément l’enfer!
  3. Du jeu bordel! Proposition de quelques jeux et construction d’outils sympas et pas chers pour l’entraînement (TRX, anneaux, poutre, modules suspendus, etc…).

 

Crédits photo: http://andylibrande.com/

 

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7 Comments

  • Arnaud

    02/05/2016

    Bon début d’article, un questionnement réel parmi la communauté des grimpeurs.
    Attention cependant aux quelques fautes de français (« Plus vous en avez plus c’est bon et riche et plus vous allez profiteZ »), et de formulation qui diminuent la qualité d’un article toutefois complet et documenté.
    Merci pour le travail et impatient de connaître la suite !

  • Jipé

    22/07/2016

    Bonjour Arnaud,
    Je suis d’accord avec vous sur la qualité de cette page ( vivement la suite !!! )
    En revanche pour l’orthographe …
    c’est bien « allez » qui est accordé avec « vous »
    « profiter » reste donc à l’infinitif …
    Si un doute, remplacez « profiter » par « prendre » …

  • guigui

    29/08/2016

    super article
    A quand la prochaine partie ?
    on est impatient

  • François BELLET

    31/08/2016

    Ça va venir 😉

  • Nik

    03/09/2016

    Yesss, c’est motivant pour grimper!

  • Olivier66

    25/10/2016

    Salut,
    Merci beaucoup sur cette très belle première partie. A quand la suite car je suis au tout début de la construction d’un pan pour mon fils et il le voudrai la plus vite possible…. Evidemment.
    Il me tarde de pouvoir lire la suite.
    Oliver

  • François BELLET

    26/10/2016

    Malheureusement, je n’ai pas de nouvelles de Yannick pour la deuxième partie…

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